L’alliance tripartite RNI, PAM, PI, a réussi à remporter la majorité à la Chambre de conseillers, avec 67 sièges, à l’issue du scrutin qui a eu lieu dans la soirée du 5 octobre. Ainsi, le RNI, gagnant des élections générales du 8 septembre, est arrivé en tête à la chambre haute avec 27 sièges, suivi du PAM (19 sièges), puis du Parti de l’Istiqlal (17 sièges). 

Malgré une majorité confortable qu’il a pu se procurer au sein de la première chambre, le Trio gouvernemental RNI, PAM, PI s’est offert une « modeste » majorité au sein de la deuxième Chambre qui est tout de même venue « conforter les résultats obtenus lors des élections du 8 septembre« , estime le politologue Driss Aissaoui.

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» Il s’agit de résultats qui ont conforté la place que le RNI, PAM et l’Istiqlal occupaient à l’issue des élections générales. C’est une configuration que le paysage politique avait d’ores et déjà dégagée. Ce triplet de partis politiques est déjà présent au niveau des conseils régionaux et communaux. Et il est donc naturel de retrouver cette même logique au niveau national« , soutient le politologue.

Maintenant, la deuxième chambre va être sous le contrôle de ces trois partis, ce qui conforte largement la logique dans laquelle le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, et son équipe étaient déjà engagés, explique-t-il.

« Le Parlement sera très certainement un parlement qui va aller dans le sens d’une consolidation de la dominance des partis qui vont gouverner. Cette consolidation s’est faite au détriment du PJD et d’autres partis qui avaient participé aux anciennes coalitions gouvernementales. Aujourd’hui, ce sont des partis politiques qui vont se placer à l’opposition dans sa conception la plus large« , explique Driss Aissaoui.

Quand on dit opposition, poursuit notre interlocuteur, « on parle de poste politique parlementaire où il y a la possibilité de bloquer et de faire avancer les choses. C’est la logique de la politique publique telle qu’elle est définie au niveau de la loi« , dit-il.

Chute libre du PJD à la Chambre des conseillers : Une défaite méritée

À l’issue des élections des membres de la Chambre des conseillers, mardi, les autres partis qui y sont représentés, à part l’alliance tripartite, sont le MP (12 sièges), l’USFP (8 sièges), le PJD (3 sièges), l’UC (2 sièges), et autres partis 3 sièges chacun en plus d’un siège sans aucune appartenance politique.

Si l’on observe les résultats obtenus par le PJD qui a gouverné pendant 10 ans aux niveaux national et régional, la chute est flagrante, ce qui ne surprend pas du tout notre interlocuteur.

» Le PJD a eu deux grands mandats pour gouverner le pays. Si vous voulez, c’est le prix que le PJD a dû payer, parce qu’il a gouverné pendant 10 ans. Et sa manière de gérer les politiques publiques n’a pas plu à la population ni aux acteurs politiques », explique Driss Aissaoui.

De plus, le politologue estime que le PJD « n’a pas fait ce qu’il fallait pour justement se positionner autrement que par la manière dont il a géré les choses alors qu’il a eu deux mandats pour le faire. Il avait la main sur les collectivités territoriales tant au niveau rural qu’urbain. Mais malheureusement, il n’a pas réussi à faire autrement que ce qu’il a fait. Finalement, l’opinion publique marocaine les a sanctionnés par rapport à cette position« , soulève-t-il.

S’agissant des élections syndicales, l’UMT est arrivée première avec 8 sièges, suivie de l’UGTM (6 sièges), la CDT (2 sièges), l’UNTM (2 sièges), la FDT (1 siège) tandis que la CGEM a été représentée par 8 conseillers comme le stipule la loi.

Commentant ces résultats syndicaux, Driss Aissaoui rappelle que l’UGTM, branche syndicale de l’Istiqlal, « est une centrale syndicale qui a toujours eu sa place dans le paysage syndical marocain. Aujourd’hui, très probablement, avec tout le travail qui a été fait par la nouvelle équipe au niveau de l’Istiqlal, ils vont pouvoir faire des choses beaucoup plus intéressantes et importantes pour le pays« , estime le politologue.

Pour ce qui est de l’UMT, qui n’était pas nécessairement donnée gagnante, notre interlocuteur estime qu’elle a bien mérité sa place.